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Fondamentaux de la Blockchain


La blockchain est un registre distribué : plusieurs nœuds conservent et vérifient une copie de l’historique. Le Bitcoin en est l’usage le plus connu. Le mécanisme peut aussi servir lorsque plusieurs acteurs doivent partager des transactions sans base centrale.

Avant d’évaluer un cas d’usage, il faut comprendre ses compromis : réplication, consensus, coût, latence et gouvernance.


Les fondations

L'histoire en bref

Les principes de la blockchain avaient été étudiés avant son apparition, notamment dans une thèse de 1982 du cryptographe David Chaum. Il y présente un protocole qui la préfigure.

La blockchain n’est explorée comme concept qu’en 1991. Les chercheurs Stuart Haber et W. Scott Stornetta conçoivent alors un système où des documents horodatés sont protégés contre la falsification.

Un an plus tard, en 1992, le système qu'ils ont conçu est optimisé en intégrant l'arborescence de Merkle, une technique permettant de regrouper plusieurs documents dans un unique bloc.

La première incarnation concrète de la blockchain voit le jour en 2008, avant d’être présentée au grand public le 3 janvier 2009. Son inventeur reste inconnu derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Cette première blockchain devient la base du Bitcoin.

C'est quoi une Blockchain ?

Une blockchain est une base de données distribuée, composée de blocs lié les uns aux autres.

  • Chaque bloc contient un certain nombre de transactions.

    • Blocs sont ajoutés à la chaîne de manière séquentielle.

      • Chaque bloc contient un hachage du bloc précédent.
      • Chaque bloc est horodaté et vérifié par les nœuds du réseau.
      • Chaque bloc est ajouté à la chaîne par un processus appelé "minage".
      • Chaque bloc est immuable et ne peut pas être modifié sans changer tous les blocs liés et le consensus du réseau.

      La blockchain est décentralisée : les données sont réparties entre plusieurs nœuds plutôt que stockées en un seul endroit ou gérées par une seule entité. Cette organisation améliore la transparence et résiste davantage à la censure.

      Peu de projets utiles ont encore été développés. Les ICO sont des levées de fonds pour des projets qui n’ont pas toujours de produit. Acheter ces tokens revient à financer un produit dont l’existence reste incertaine.

      La plupart de ces projets ne sont pas non plus décentralisés : une seule entité en gère souvent la majorité des tokens.

    Pensez à la blockchain comme un livre de comptes public, où chaque page du livre représente un bloc. Une fois qu'une page est pleine d'entrées (transactions), une nouvelle page est ajoutée. Mais une fois écrite, une page ne peut pas être modifiée sans changer toutes les pages suivantes.


Quelle structure de données ?

La blockchain utilise une structure de données appelée "liste liée"(linked list).

Chaque bloc contient un enregistrement des transactions actuelles et un hachage du bloc précédent. Ce hachage crée un lien entre les blocs, formant ainsi une chaîne.


Opération de base

  • Création de transactions : Les utilisateurs peuvent envoyer des transactions à la blockchain, souvent via un portefeuille numérique.
  • Vérification : Les transactions sont ensuite vérifiées par les nœuds du réseau.
  • Ajout à un bloc : Une fois vérifiées, ces transactions sont ajoutées à un nouveau bloc.
  • Minage : Le bloc est soumis à un processus appelé "minage", où il est validé et ajouté à la chaîne.

Application de la Blockchain

  • Crypto-monnaies : Comme le Bitcoin ou l'Ethereum, utilisées comme monnaies numériques décentralisées.
  • Contrats intelligents : Des programmes qui s'exécutent automatiquement lorsque certaines conditions sont remplies.
  • Chaînes d'approvisionnement : Pour suivre la provenance et la distribution des produits de manière transparente.
  • Identité numérique : Pour une identification sécurisée et sans intermédiaire.
  • Systèmes de vote : Pour un vote transparent et sécurisé.
  • Stockage de données : Pour un stockage décentralisé et sécurisé des données. (exemple: connaissance humaine a travers le temps).
  • Jeux : Pour des jeux vidéos long terme, avec des objets de valeur sur des dizaines d'années.
  • Certification : Pour certifier des diplômes, des documents, des preuves de travail, des preuves de propriété, des preuves de droits d'auteur, etc... (vendre/acheter une maison sans passer par un notaire par exemple).

Pour être adoptée, la blockchain devra devenir plus mûre et s’intégrer dans des usages qui masquent sa complexité. Les utilisateurs devront aussi comprendre ses coûts et ses limites.


C'est quoi la décentralisation ?

La décentralisation fait référence à la répartition du pouvoir et de l'autorité sur plusieurs nœuds ou entités, plutôt que de les concentrer en un seul point central.

Cela signifie que les données ne sont pas stockées sur un serveur central, mais sont réparties sur plusieurs ordinateurs (nœuds) dans le monde.

  • Résilience : Difficulté de tomber en panne car il n'y a pas de point unique de défaillance.
  • Transparence : Toutes les transactions sont visibles par tous les participants.
  • Sécurité : Difficile à pirater en raison de sa nature distribuée.

Imaginez une bibliothèque où chaque livre est copié et stocké dans des milliers d'autres bibliothèques à travers le monde. Si une bibliothèque brûle, les informations ne sont pas perdues car elles existent ailleurs.


La blockchain est un mécanisme de registre distribué. Elle peut être pertinente quand plusieurs acteurs doivent partager un historique vérifiable sans confier la validation à une seule base centrale ; elle ajoute aussi du coût, de la latence et de la complexité. Comprendre ces compromis est plus utile que de lui attribuer une promesse générale de transformation.